Guide — Conformité
DPA avec un fournisseur d'agent IA : les 5 clauses à vérifier avant de signer
Le DPA (Data Processing Agreement, ou accord de traitement des données) est le contrat qui encadre ce qu'un prestataire a le droit de faire avec les données de vos clients. Avec un fournisseur d'agent IA, le modèle standard ne suffit pas : voici les clauses à lire ligne par ligne avant de signer.
Pourquoi le DPA n'est pas une formalité
Dès qu'un prestataire traite des données personnelles pour votre compte — messages clients, adresses, historiques de commande —, il est votre sous-traitant au sens du RGPD, et l'article 28 impose qu'un contrat encadre ce traitement. Ce contrat doit définir l'objet et la durée du traitement, sa nature et sa finalité, le type de données concernées et les catégories de personnes concernées (RGPD, article 28 — texte sur cnil.fr). Sans DPA signé, vous ne pouvez pas démontrer votre conformité en cas de contrôle — c'est vous, responsable du traitement, qui portez ce risque, pas le prestataire. Un agent IA de SAV traite précisément ce type de données : la question n'est donc pas de savoir s'il vous faut un DPA, mais ce qu'il doit contenir.
Clause 1 — Instructions documentées : aucun usage secondaire des données
L'article 28 prévoit que le sous-traitant ne traite les données que sur instruction documentée du responsable du traitement (RGPD, article 28). Concrètement : le DPA doit lister les finalités exactes — répondre aux demandes clients, consulter le statut des commandes — et rien d'autre. Méfiez-vous des formulations larges du type « améliorer nos services » : elles peuvent couvrir des usages statistiques ou d'optimisation que vous n'avez jamais validés. Chaque finalité doit être nommée ; ce qui n'est pas écrit n'est pas autorisé.
Clause 2 — Non-réutilisation pour l'entraînement de modèles
C'est la clause spécifique à l'IA, absente des DPA classiques. Certains fournisseurs de modèles de langage se réservent la possibilité de réutiliser les données envoyées via leur API pour améliorer leurs modèles, selon leurs conditions et le type de compte : c'est un point à vérifier explicitement, pas à supposer réglé. La CNIL, dans ses recommandations sur l'IA, rappelle que le développement d'un système d'IA à partir de données personnelles reste soumis au RGPD — base légale, finalité, information des personnes (CNIL, recommandations IA et RGPD). Exigez une clause écrite de non-réutilisation à des fins d'entraînement, couvrant le prestataire et son fournisseur de modèle : un engagement oral ou une page marketing ne remplacent pas une clause contractuelle.
Clause 3 — La chaîne de sous-traitance : qui traite réellement vos données ?
Derrière un agent IA, il y a au minimum deux acteurs : l'hébergeur de la solution et le fournisseur du modèle de langage. L'article 28 encadre cette chaîne : le sous-traitant ne peut pas recruter un autre sous-traitant sans votre autorisation écrite préalable, et si un sous-traitant ultérieur manque à ses obligations, le sous-traitant initial en demeure pleinement responsable devant vous (RGPD, article 28, paragraphes 2 et 4). Le DPA doit donc lister nommément les sous-traitants ultérieurs — hébergeur, fournisseur de modèle — avec leur pays d'établissement et leur lieu de traitement. Si cette liste n'existe pas ou reste vague (« des fournisseurs cloud de premier plan »), vous ne savez pas qui lit les messages de vos clients.
Clause 4 — Localisation des données et transferts hors UE
Depuis l'arrêt « Schrems II » de la Cour de justice de l'Union européenne (16 juillet 2020), qui a invalidé le Privacy Shield, chaque organisme doit vérifier la légalité de ses transferts de données hors UE : les clauses contractuelles types ne suffisent plus « en soi », il faut analyser le risque d'accès par les autorités du pays destinataire et, si nécessaire, déployer des mesures supplémentaires (CNIL, suites de l'arrêt Schrems II). Pour une PME, cette analyse de transfert est un travail juridique réel, à refaire à chaque évolution du cadre. Le DPA doit indiquer précisément où les données sont stockées et traitées — pays, et idéalement datacenter. Un traitement intégralement en France ou dans l'UE fait disparaître le sujet : pas de transfert, pas d'analyse de transfert.
Clause 5 — Violations de données et sort des données en fin de contrat
En cas de violation de données, c'est vous qui devez notifier la CNIL dans les 72 heures — et le RGPD impose au sous-traitant de vous alerter « dans les meilleurs délais » après en avoir pris connaissance (RGPD, article 33). Vérifiez que le DPA fixe un délai d'alerte précis et un point de contact, sinon vos 72 heures peuvent être consommées avant même que vous soyez au courant. Enfin, le contrat doit régler le sort des données à la fin de la prestation : suppression ou restitution, à votre choix — c'est aussi la garantie concrète de pouvoir changer de prestataire sans laisser d'historique client derrière vous, un point développé dans notre guide IA souveraine et RGPD.
Comment Bynevo Labs répond à ces cinq points
Les données de la solution — conversations, données clients, base vectorielle — sont hébergées en France, chez OVHcloud (Roubaix) et/ou Scaleway, par défaut : aucune conversation ne transite par un service hors UE, donc pas d'analyse de transfert à mener. Le fournisseur de modèle est identifié — Mistral AI (France) — et aucune donnée client ne sert à entraîner un modèle tiers. Le détail des sous-traitants et des engagements figure sur notre page hébergement et données, dans le cadre de notre logiciel de SAV e-commerce ; chaque point de ce guide peut être vérifié ligne par ligne, contrat en main, pendant le diagnostic.
Sources : RGPD, articles 28 et 33 (texte sur cnil.fr), CNIL — recommandations IA et RGPD, CNIL — invalidation du Privacy Shield (Schrems II). Ce cadre évolue : à vérifier au moment de votre mise en conformité.
Voir comment c'est mis en œuvre : hébergement, sous-traitants et droits RGPD, ou l'architecture technique de l'agent.
Voir aussi : Checklist RGPD pour un SAV automatisé, IA souveraine et RGPD, AI Act article 50 — ou tous les guides Bynevo Labs.
Notre stack, vos outils
Notre méthode
Nous déployons votre agent, du diagnostic au premier ticket résolu.
- 01
Cadrage
Diagnostic 30 minVous savez ce que l'agent fera, et ce qu'il coûte.
- 02
Déploiement
2–3 semainesUn agent sur-mesure, sur votre instance dédiée.
- 03
Mise en route
J+1 à J+21Vos premiers tickets traités en autonomie.
- Projet livré clé en main — agent, instance dédiée, formation de votre équipe.
- Vous gardez la main — chaque action sensible passe en validation tant que vous ne l'avez pas ouverte.
Questions fréquentes
Tout ce que vous voulez savoir.
Quelle différence avec un chatbot ?
Un chatbot répond avec du texte, souvent scripté. Notre agent agit : il lit la commande, interroge le transporteur, déclenche un remboursement ou une annulation via vos API. Le client n'a rien à faire de plus : son ticket est réglé dans la conversation, sans formulaire ni attente d'un humain.
L'agent peut-il dire n'importe quoi à mes clients ?
Non. Il répond uniquement à partir de vos contenus (FAQ, politiques, fiches produits) et des données réelles de la commande. Hors périmètre, il escalade vers un humain plutôt que d'inventer.
Je garde la main sur ce que dit et fait l'agent ?
Oui. Vous validez le ton, les réponses types et les actions autorisées : plafond de remboursement, validation humaine sur certains montants. Chaque action est tracée et désactivable.
Avec quels outils ça s'intègre ?
Shopify, WooCommerce, Magento ou stack headless via API. Côté logistique : Colissimo, Chronopost, Mondial Relay. Côté SAV : Gorgias, Zendesk, Front. Pour un ERP ou WMS spécifique, nous développons l'intégration.
Combien de temps pour le déploiement, et si ça ne fonctionne pas sur nos tickets ?
Comptez 2 à 3 semaines : connexion à votre boutique, reprise de vos contenus, calibrage du ton. C'est aussi ce que le diagnostic initial vérifie avant tout engagement — nous analysons vos tickets réels et vous disons ce que l'agent traitera. Pendant la mise en route, chaque réponse passe en validation humaine jusqu'à ce que les résultats soient au niveau. Et tout reste réversible : vos données et vos automatisations sont exportables à tout moment.
Mes données restent-elles vraiment en France ?
Oui. Votre instance tourne sur un serveur en France, chez un hébergeur français (OVHcloud, Scaleway), et le contrat est à votre nom : l'infrastructure vous appartient, nous l'opérons. Aucune donnée n'entraîne de modèle tiers, aucun transit hors UE. En mode souverain, le modèle est installé sur votre instance, sans appel externe. DPA fourni à la signature.
Combien ça coûte, au total ?
Le budget dépend de votre volume de tickets et du périmètre de l'agent : une mise en place unique, puis un forfait mensuel support et maintenance, chiffré pendant le diagnostic et figé avant tout engagement. Deux postes restent à part, facturés indépendamment par vos fournisseurs : l'hébergement de votre instance (une quarantaine d'euros par mois chez un hébergeur français) et la consommation de l'API Mistral, proportionnelle à votre volume de tickets. Montant du forfait figé dès le diagnostic, sans surprise.
Et si on veut arrêter, on est engagés ?
Non. Le déploiement est un projet livré : tout est à vous, exportable. Si vous souhaitez que nous continuions d'opérer, nous cadrons ça ensemble. Sinon, vous repartez sans dépendance.
Qui accompagne le projet après le lancement ?
Bynevo Labs, en direct. Un interlocuteur côté stratégie, une équipe dédiée qui opère et ajuste l'instance, sans intermédiaire.
Prochaine étape
Parlons de votre SAV.
Avant de parler solution.
30 minutes sur votre SAV : volume, canaux, ce qui vous prend du temps. Vous repartez avec un chiffrage, que nous travaillions ensemble ou non.
Sans engagement · nous répondons sous 24 h ouvrées